Oser dire non : quand arrêter de sauver les autres m’a sauvée moi-même

  • Guylaine Otis

“La codépendance est une dépendance au bonheur des autres pour se sentir bien dans sa propre peau. Il est crucial de retrouver son propre pouvoir et sa propre satisfaction.”

— Darlene Lancer

 

J’ai appris à dire stop, à poser des limites, et à me recentrer sur l’essentiel. À me mettre au centre de ma vie !

 

Revoir ses habitudes dans les relations

Il devient souvent essentiel de réévaluer ses relations et ses dynamiques émotionnelles. J’en ai fait l’expérience. J’ai eu à couper le cordon émotionnel et à me concentrer sur moi. Pendant des années, je me suis sentie investie à résoudre les problèmes des autres, pensant que leur bonheur définirait ma valeur. Cette quête d’utilité m’a finalement conduite à sacrifier mon propre bien-être. 

Mais cette posture m’a épuisée. Elle a brouillé mes priorités, affaibli mes limites, et m’a éloignée de moi-même.

 

Prendre conscience de son comportement contrôlant

J'ai ressenti beaucoup d'anxiété lors de l'organisation d'un projet familial. La peur de ne pas pouvoir avoir le contrôle sur le bonheur que chacun en retirerait. J’avais peur d’être déçue et je commençais à douter de la pertinence de nos vacances.

 

Un psychologue m'a fait réaliser que j'avais des attentes irréalistes et que j'avais un comportement lié à la codépendance c'est à dire : si les autres ne sont pas heureux, je ne suis pas heureuse. Je n'avais jamais imaginé que j'étais contrôlante dans un certain sens. Je n'ai aucun pouvoir sur le bonheur des autres. Ironiquement, j'ai toujours estimé la liberté et l'autonomie comme faisant partie de mes valeurs fondamentales, mais j'en ai oublié de considérer celle des autres.

 

Vaincre la codépendance selon Melody Beattie

Il m’a fallu du temps et la lecture de Vaincre la codépendance de Melody Beattie, recommandé par le professionnel, pour comprendre que satisfaire les besoins des autres pour mon propre bien-être était un poids trop lourd à porter. Cette attitude mettait en péril mes relations, créant une dynamique toxique et déséquilibrée.

 

Et ce n’était pas sain.

 

En essayant constamment de trouver des solutions et de prendre soin des autres, je négligeais mes propres besoins, me laissant épuisée et insatisfaite. Quand mes enfants rencontraient des difficultés, je cherchais à intervenir en offrant conseils et solutions, sans vraiment connaître leurs besoins réels : écoute, réassurance, acceptation et amour inconditionnel. En agissant ainsi, je les rendais dépendants et ne leur donnais pas la chance de faire leurs propres choix. Cela les privait d'opportunités d’apprendre et de grandir par eux-mêmes.

 

Retrouver l’équilibre

C'est encore difficile de ne pas intervenir dans la vie des autres. Je me pose souvent la question : Comment je peux être utile tout en respectant les attentes et les limites de part et d'autre ? Pour m'aider, je me répète comme un mantra : C'est leur vie, elles seules peuvent en faire ce qu'elles veulent, ce n'est pas de mes affaires !

 

Cela m’encourage à lâcher prise et à me rappeler que chacun a son propre chemin sa propre vie. Accepter cette réalité est un travail constant, mais j'y trouve un équilibre entre le soutien et le respect des autres. 

 

Accueillir les émotions

J'ai compris l'importance de mettre des limites claires et de me concentrer sur mes propres besoins. En tant que personne codépendante, reconnaître et accueillir mes sentiments comme l'anxiété, la colère et la tristesse a été très difficile. Ces émotions étaient devenues presque inaccessibles.

 

Cette démarche m’a permis de me libérer émotionnellement et de mieux me comprendre. En accueillant ces sentiments, j’explore des parties de moi que j’avais longtemps ignorées. Ce processus m'ouvre les yeux sur mes véritables besoins et m’aide à construire une relation plus saine avec moi-même et avec les autres.

 

Se pardonner

Accepter mes erreurs et les choix faits dans cette dynamique codépendante a été essentiel. En me pardonnant, j'ai allégé mon fardeau émotionnel et commencé à me reconstruire. Le pardon envers moi-même a été crucial. Il ne s'agissait pas d'excuser mes comportements, mais de réduire ma propre charge émotionnelle.

 

Se recentrer, revenir à soi

Aujourd'hui, je me sens plus forte émotionnellement. J'ai des relations plus saines. Je me concentre sur mes besoins et mes désirs. J'ai trouvé un équilibre entre aider les autres et prendre soin de moi. Je me concentre sur mes intérêts personnels, comme l'écriture, le développement personnel, la musique et l'activité physique. J'ai des règles simples pour gérer mon temps et mon énergie.

L’auto-soin est devenu une priorité.

J'ai coupé le cordon et je me mêle désormais de mes affaires !

 

Reconnaître la codépendance 

Voici une liste de comportements fréquents chez les personnes codépendantes :

 

Sacrifice de soi

Vous mettez systématiquement les besoins des autres avant les vôtres, même au détriment de votre bien-être

Besoin de contrôle

Vous ressentez le besoin de contrôler les actions ou les émotions des autres pour vous sentir en sécurité

Anxiété face à l’abandon

Vous avez une peur intense de l'abandon ou du rejet, ce qui vous pousse à rester dans des relations dysfonctionnelles

Difficulté à dire non

Vous avez du mal à refuser des demandes, même lorsque vous êtes épuisée ou que cela vous dérange

Sentiment de responsabilité excessive

Vous vous sentez responsable du bonheur et des problèmes des autres, vous culpabilisant si vous ne pouvez pas les aider

Baisse de l’estime de soi

Votre valeur personnelle dépend des opinions et des validations des autres

Évitement des conflits

Vous évitez les désaccords à tout prix, même si cela signifie ignorer vos propres besoins ou ressentiments

Difficulté à exprimer vos émotions

Vous avez du mal à partager vos propres sentiments, souvent en les réprimant

Attachement aux relations toxiques

Vous vous retrouvez régulièrement dans des relations qui ne sont pas saines, mais vous avez du mal à vous en éloigner

Recherche constante d’approbation

Vous cherchez sans cesse l'approbation des autres pour vous sentir valable ou en paix

 

​​​Vous vous reconnaissez ?

 

Ce n’est pas une fatalité. La prise de conscience est déjà un grand pas. Vous pouvez choisir un autre chemin — plus libre, plus aligné avec qui vous êtes vraiment.

Parfois, une simple prise de conscience suffit à ouvrir la suite.

Voyons ensemble ce qui pourrait vous aider

 

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